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Le point sur les mystères et les énigmes non résolues de notre temps.

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Date de création : 13.07.2016
Dernière mise à jour : 27.01.2026
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LE CRASH DE ROSWELL

Publié le 27/01/2026 à 10:23 par herrand
LE CRASH DE ROSWELL

Le crash de Roswell, qui s'est produit le 4 juillet 1947, est l'un des événements ufologiques à la fois les plus médiatisés et les plus controversés.

LES FAITS

-Un peu avant le 8 juillet 1947, un fermier, William "Mac" Brazel, possédant un ranch près de Roswell, une ville située dans le sud du Nouveau-Mexique, découvre de curieux débris sur ses terres. Ils sont dispersés sur une zone d'environ un km de long sur 80 m de large.

-Il faut noter que, dès le départ, il est surpris par leur nature. Et pourtant, il a déjà récupéré des débris de ballons météo sur son terrain. Ce qui peut laisser penser que, pour lui, il ne s'agit pas de la même chose.

-Il décide alors de montrer des échantillons de ces débris à des voisins, les Proctor, dont le ranch, dans cette zone peu peuplée et désertique, se situe tout de même à quelques kilomètres.

-Sur le conseil de ses voisins, William Brazel avertit le shérif de Roswell, Wilcox. Notons encore que ce dernier juge bon de prévenir aussitôt la base militaire la plus proche, la "Roswell Army Air Field (RAAF)". Pourquoi l'aurait-il fait s'il avait pensé avoir affaire à des débris banals ? Or, dans l'exercice de ses fonctions, il devait avoir eu l'occasion de voir des débris de ballons sondes ou météo.

-Le colonel William Blanchard, qui dirige la RAAF, demande alors au porte-parole de la base, le lieutenant Walter Haut, d'adresser une communication à la presse. Il y indique, et c'est à noter, que l'armée vient de récupérer les débris de ce qu'il appelle un "disque volant" ("flying disc"), ramassés sur les terres d'un ranch près de Roswell. Selon toute probabilité, l'engin se serait écrasé.

-Les débris sont envoyés, pour examen, à la base de Fort Worth, dans le Texas. Le commandant de la base, le brigadier général Ramey, présente alors une toute autre version. Pour lui, les débris de ce supposé "disque volant" ne seraient en fait que ceux d'un ballon-sonde, un ballon libre, gonflé avec du gaz, et utilisé pour faire des mesures atmosphériques.

-Dans une conférence de presse, organisée dans la foulée, des débris de ce prétendu ballon-sonde, sont montrés aux journalistes. Il s'agit de débris, facilement reconnaissables, d'un objet ordinaire et très courant.

L'AFFAIRE REBONDIT

-La thèse officielle étant présentée, l'affaire en reste là. Il faudra attendre la fin des années 1970 pour la voir rebondir.

-En effet, en 1978, Stanton Friedman (1934-2019), physicien et ufologue professionnel, revient à Roswell pour interroger le lieutenant-colonel Jesse Marcel. Désormais à la retraite, il était, à cette époque, chargé  de la sécurité de la base de Roswell. C'est lui qui, le 7 juillet 1947, était arrivé le premier sur le site du crash de l'engin. Il avait alors récupéré les premiers débris. Il déclare avoir passé "quelques heures" à rechercher et ramasser ces débris. Il prétend avoir notamment trouvé des "bouts de caoutchouc et d'aluminium". Il aurait essayé d'assembler ces débris, sans obtenir de résultats notables.

-Et il fait à son interlocuteur une déclaration étonnante : pour lui, pas de doute, ces débris sont d'origine extraterrestre. Il le répète à la télévision.

-Autre révélation : les débris montrés par le brigadier général Ramey, en juillet 1947, donnés pour ceux d'un ballon-sonde, ne sont pas ceux qu'il avait apportés à la base de Fort Worth. Il est donc persuadé que l'armée a pris la décision de dissimuler cette nouvelle sensationnelle, le crash d'un ovni. Les militaires auraient donc mis en scène une autre version, destinée aux journalistes et au grand public.

-Dès lors, "l'affaire de Roswell est lancée". En effet, suite à ses révélations, le lieutenant-colonel Marcel est interviewé, en février 1980, par un journal à sensation, "The National Inquirer". Il y confirme ses dires. A la suite de cet article, plusieurs livres sont publiés sur cette affaire, dont "The Roswell incident" ("Le mystère de Roswell" en France), par Charles Berlitz, spécialiste reconnu des phénomènes paranormaux, et William Moore.

LES DEBRIS RETROUVES A ROSWELL

-Les débris retrouvés sur ses terres, William Brazel aura l'occasion de les décrire à ses voisins, les Proctor, ainsi qu'au shérif de Roswell. Il en parle aussi dans une interview accordée à un journal local, le "Roswell Daily Record".

-Ces débris, répartis sur une large zone, ont paru brillants au fermier. Il a remarqué, parmi ces débris, des "feuilles d'étain, un papier plutôt dur et des barres", ainsi que des "bandes de caoutchouc".

-Encore une fois, ces débris paraissent étranges à William Brazel. A tel point qu'il croit avoir découvert les restes d'une soucoupe volante. C'est d'ailleurs ce qu'il dit au shérif de Roswell.

-Selon le "Roswell Daily Record" du 9 juillet 1947, aucun reste de métal, aucun vestige de moteur, aucun propulseur n'auraient été trouvés sur les lieux du crash. 

-Toujours d'après les déclarations du lieutenant-colonel Marcel  (alors major), on n'aurait pas découvert d'inscriptions, ou de textes, à proprement parler, sur les débris, mais des lettres. 

-Il note aussi la présence de ruban adhésif, d'"une longueur considérable", ainsi que d'un ruban avec "des fleurs imprimées".

-Concernant les fixations ou attaches possibles, Jesse Marcel signale des oeillets, auxquels quelque chose aurait pu être attaché, mais pas de corde ou de fil.

 

LE TEMOIGNAGE DE KENNETH ARNOLD

Publié le 24/01/2026 à 17:06 par herrand
LE TEMOIGNAGE DE KENNETH ARNOLD

 L'observation de Kenneth Arnold marque une date essentielle dans l'histoire des ovnis. C'est en effet la première fois, de manière officielle du moins, que de tels engins sont signalés.

LES FAITS

Le 26 juin 1947, l'industriel américain Kenneth Arnold, pilote à ses heures, raconte sur les ondes de la KWRC, une radio de la ville de Pendleton, dans l'Oregon, ce qui lui est arrivé. La veille, le 25 juin, il avait déjà raconté son histoire à deux journalistes d'un quotidien local, l'"East Oregonian", Nolan Skiff et Bill Bequette.

-Le 24 juin, soit deux jours plus tôt, il vole, aux commandes de son avion privé, un CallAir A-2.  Il est parti, en début d'après-midi, de Chehalis, dans l'Etat de Washington, à destination de Yakima, dans le même Etat. En tant que pilote expérimenté, il a été mandaté pour participer aux recherches d'un avion des Marines disparu, sans doute échoué au sommet d'une montagne. Au moment de son observation, il se trouve aux alentours du mont Rainier, un volcan d'une altitude de près de 4 400 m, qui est le point culminant de l'Etat de Washington.

-Il voit alors, à environ 2 800 m d'altitude, 9 objets volants, triangulaires à l'arrière et circulaires à l'avant. Ces engins ne possèdent pas de queues. Surpris de cette constatation, le pilote ouvre alors son hublot pour mieux voir, mais il fait la même observation, voyant toujours des engins dépourvus de queues et d'empennage.

-Ils lui semblent se déplacer très vite, en direction du mont Adams, un autre volcan de l'Etat de Washington, situé plus au sud. Ces engins se déplacent de manière très régulière, d'après le pilote, et, vus de son avion, leur formation semble parfaite. Elle ressemble un peu, d'après Kenneth Arnold, à "la queue d'un cerf-volant chinois". Cependant, elle ne correspond pas, selon ce pilote expérimenté, à la formation que les avions militaires ont l'habitude d'adopter. 

-Ces engins maintiennent également une altitude constante, sans monter ni descendre.

-Kenneth Arnold estime leur vitesse à environ 1 800 km/h. Certaines sources parlent d'une vitesse supérieure à 2 000 km/h. Il se sert, pour estimer cette vitesse, de ses instruments du bord et de certains éléments du relief montagneux, comme les sommets de deux volcans, situés tous deux dans l'Etat de Washington, le mont St Helens et le mont Adams, qui lui servent de repères. Aucun avion de l'époque n'est capable d'atteindre une telle vitesse, sinon, comme le dit Kenneth Arnold, "quelques fusées allemandes" (il faudra encore attendre pour qu'un avion franchisse le mur du son).

-Il estime leur longueur entre 12 et 15 m.

-Il décrit ces objets volants comme plats et minces.

-Il remarque aussi qu'ils sont très brillants et émettent une lumière très vive. Pour Kenneth Arnold, ces engins "scintillaient comme des miroirs". L'éclat en est si vif que le pilote en est presque "aveuglé" à travers son pare-brise.

-Pour le pilote, ces engins volent "comme des oies", se déplaçant "en diagonale" et semblant "attachés l'un à l'autre".

-Il faut noter que le ciel est sans nuages, la vue très dégagée, ce qui crée des conditions très favorables pour cette observation.

-Il emploie, à leur sujet, un mot appelé à un succès prodigieux : il indique, en effet, que les engins ont une sorte de mouvement "sautillant" pour se déplacer, "comme une soucoupe ricochant sur l'eau". L'expression "soucoupe volante" ("flying saucers") était née. Même si Kenneth Arnold ne l'avait pas employée pour décrire la forme des engins volants, mais leur façon de se mouvoir, c'est l'un des noms, et sans conteste le plus célèbre, qu'on donnera désormais à ces mystérieux vaisseaux. Kenneth Arnold déplorera souvent qu'on lui ait attribué la paternité de cette expression de "soucoupes volantes" alors qu'en réalité il prétendait avoir vu des engins arborant une forme triangulaire à l'arrière et circulaire à l'avant. Il décrivait aussi l'un de ces ovnis comme une sorte de croissant. Il parle aussi, pour les décrire, d'"assiette à tarte coupée en deux".

-L'estimation des distances qui le séparaient des ovnis, à partir de quoi le pilote avait estimé leur vitesse, donna le sentiment que ces engins volaient plus vite que tous ceux qu'on connaissait à l'époque.

-A noter que l'observation n'a duré, en tout, que deux minutes et demie. Et encore le pilote n'a bien vu les mystérieux objets que quand ils s'inclinaient et reflétaient la lumière du soleil. La neige des sommets rendait aussi ces engins assez distincts

-Ce témoignage fondateur eut une grande portée. En effet, on le prend au sérieux, car Kenneth Arnold jouit d'une excellente réputation, en tant qu'homme d'affaires, et, au surplus, c'est un pilote chevronné.

-Aussi la presse rend-elle compte de l'événement. En effet, à la suite de leur article dans l'"East Oregonian" du 25 juin 1947 (voir plus haut), les deux journalistes ayant recueilli le récit de Kenneth Arnold, envoient une dépêche à l'"Associated press" à Portland, dépêche dont prendront rapidement connaissance l'ensemble des journaux nationaux. Aussi, le 26 juin 1947, deux jours seulement après l'observation, le "Chicago sun" peut-il titrer : "Nine flying discs seen par Idaho pilot" ("neuf disques volants vus par un pilote de l'Idaho").

LES SUITES ET LES HYPOTHESES AVANCEES

-Des foules de curieux, mais aussi de journalistes, se rendirent sur les lieux. Même les services gouvernementaux, en l'occurrence le FBI, s'y intéressèrent.

-Les premières explications et hypothèses, que l'on allait voir refleurir bien souvent, furent avancées : visites d'extraterrestres pour les uns, vol de prototypes secrets d'avions pour les autres. Kenneth Arnold lui-même pensa d'abord avoir vu de tels engins, notamment des avions russes, en mission d'espionnage. On évoque aussi, de façon classique, une illusion d'optique, un mirage, des reflets de lumière, des phénomènes atmosphériques ou même des oiseaux (on a notamment parlé d'un vol de pélicans, des oiseaux d'une grande envergure, sur le plumage desquels peut se refléter la lumière du soleil). On a aussi évoqué un "bolide", phénomène lumineux se produisant quand un corps céleste entre dans l'atmosphère terrestre. Des tentatives d'explications rationnelles qui seront avancées, parmi d'autres, par tous les sceptiques à venir.

-Il est à noter que, d'après les responsables de l'armée, aucun engin militaire ressemblant à la description de Kenneth Arnold n'existait alors.

-Cette première observation de Kenneth Arnold donne naissance à la première vague d'observations d'ovnis de l'histoire contemporaine. Des centaines de personnes, partout dans le pays, disent avoir vu des "soucoupes volantes".

-Kenneth Arnold, on l'a dit, n'est pas un farceur. Il ne cherche pas les feux de la rampe et se dérobe à sa célébrité naissante. Mais son expérience l'a suffisamment marqué pour qu'il décide de collaborer avec l'armée, dans les recherches qu'elle mènera elle-même. Il participe même au projet Sign, qui date de 1948. Patronné par l'armée de l'air américaine, c'est la première tentative des autorités américaines de s'intéresser à la question. 

-Kenneth Arnold aurait encore vu les mêmes engins trois autres fois. Huit autres pilotes les auraient également aperçus. Il est cependant à noter qu'un autre pilote, volant environ à 15 km de Kenneth Arnold, ce 24 juin 1947, n'aurait rien vu d'inhabituel.

-En 1952, Kenneth Arnold fait paraître un livre sur son expérience, "The coming of the saucers". Il l'écrit en collaboration avec Raymond Palmer, qui s'intéresse aux ovnis et créera des magazines leur faisant une large part ainsi qu'aux phénomènes paranormaux. Il confirme, dans cet ouvrage, que les engins aperçus pourraient être "d'origine extraterrestre".

-Cette première observation donnera donc la première impulsion aux recherches ufologiques (du terme UFO :"unidentified flying object"), menées aussi bien par les autorités que par des groupes ou des particuliers.

DES VERSIONS CONTRADICTOIRES

Cependant le récit donné par Kenneth Arnold ne fait pas l'unanimité. Plusieurs versions de son aventure circulent.

-La thèse la plus courante veut que le pilote se soit posé à Yakima, dans l'Etat de Washington. Là, il aurait raconté, à quelques amis, ce qui venait de lui arriver, puis se serait rendu dans l'Oregon, à Pendleton, où il aurait relaté sa mésaventure à la radio, les journalistes ayant déjà entendu parler de sa rencontre avec des engins mystérieux.

-Pour d'autres, Kenneth Arnold n'aurait pas vu de journalistes dès son arrivée. Il aurait d'abord tenté de contacter le FBI et aurait peut-être rencontré une personne ayant elle aussi aperçu des ovnis. 

 

Quoi qu'il en soit, aucune explication ne faisant consensus à l'heure actuelle, l'observation faite par Kenneth Arnold, le 24 juin 1947, demeure à ce jour inexpliquée.

LES FANTOMES DU TRIANON

Publié le 21/01/2026 à 17:21 par herrand
LES FANTOMES DU TRIANON

Récit d'une aventure étrange, arrivé à deux demoiselles anglaises, un jour d'août 1901.

LES PROTAGONISTES

-Charlotte Anne Moberly, souvent appelée Annie (1846-1937). C'est la fille du directeur du Winchester College, professeur à Oxford puis évêque de Salisbury. Miss Moberly est d'abord sa secrétaire, durant 20 ans, puis, à partir de 1886, directrice d'un des trois collèges féminins dépendant de l'université d'Oxford, St Hugh's Hall. Certaines sources en font la septième fille d'un père lui-même septième fils : la croyance populaire attribuait à ces "septennaires" certains dons, de guérison notamment.

-Eleanor Frances Jourdain (1863-1924). C'est une fille de pasteur, descendante de huguenots français réfugiés en Angleterre.  Elle fait ses études à Oxford, au collège St Hugh dirigé par Miss Moberly, dont elle sort diplômée. Elle enseigne, puis fonde une école à Watford. Sur la proposition d'Annie Moberly, elle devient directrice adjointe de St Hugh en 1902. En 1915, au moment de la retraite de Miss Moberly, elle prend la tête de l'établissement. A l'époque des faits, elle s'est installée à Paris, où elle compte fonder une école. Miss Jourdain a écrit des livres sur le théâtre et la littérature.

LES FAITS

Miss Moberly étant venue à Paris pour confirmer à sa collègue sa nomination comme adjointe du collège, les deux Anglaises en profitent pour visiter Versailles.

Nous sommes le 10 août 1901. C'est une journée d'été chaude et orageuse. Les deux demoiselles visitent d'abord le château, puis elles décident de pousser jusqu'au Trianon. Jusque là, tout se passe très normalement. Les visiteuses veulent ensuite voir le Petit Trianon, un bâtiment néogothique, pourvu de colonnettes grecques, édifié par l'architecte Ange-Jacques Gabriel de 1762 à 1768. Louis XV avait fait construire le Petit Trianon pour sa favorite, la marquise de Pompadour, mais c'est sa dernière maîtresse, Mme du Barry, qui en profitera. Dès son avènement, en 1774, Louis XVI en fera don à sa femme, la Reine Marie-Antoinette.

Les visiteuses sont entrées dans le domaine du Trianon par une porte dérobée. Peu à peu l'atmosphère change et elles sont confrontées à une série d'événements qui les troublent.

Sans savoir pourquoi, elles se sentent oppressés et sont envahies par un sentiment d'angoisse, mais, sur le moment, elles n'en disent rien.

Elles rencontrent des gens étranges :

-Deux hommes vêtus d'un long manteau vert et coiffés d'un tricorne, la bêche à la main, qui se tiennent près d'une brouette. Elles découvrent plus tard, en faisant des recherches, que cet uniforme est semblable à celui des gardes suisses de Marie-Antoinette. La livrée des gardes est bien verte sous Louis XV, mais rouge sous Louis XVI. S'étant perdues, les visiteuses leur demandent leur chemin ; ils leur répondent d'aller tout droit. Pour les deux demoiselles, ces deux homme seraient Antoine Richard, chargé de l'aménagement des jardins du Petit Trianon, qui prend sa retraite en 1774, et son fils, Claude Richard, qui lui succède.

-Une femme et une adolescente de 12-13 ans, aperçues par la seule Miss Jourdain, devant une maisonnette, une sorte de cottage, dissimulé par un rideau d'arbres, des orangers notamment. Ces personnages portent des costumes surannés.

-Un homme, aperçu seulement par Miss Moberly. Il est assis au pied d'un pavillon chinois. Son visage est grêlé de petite vérole et il regarde l'Anglaise d'un air menaçant. Cette vision angoisse beaucoup Miss Moberly. Plus tard, les deux demoiselles identifieront cet homme comme étant le comte de Vaudreuil (1740-1817), grand fauconnier de France, gouverneur du Louvre et ami du comte d'Artois, frère de Louis XVI.

-Un homme, grand et beau, qui passe en trombe devant les deux demoiselles. Il a des cheveux bouclés et porte une longue cape noire ainsi qu'un grand chapeau aux larges bords. Il leur tient un discours qu'elles ne comprennent pas, sauf ces mots :"allez à droite" et "cherchez la maison". A noter que Marie-Antoinette appelait le Petit Trianon "sa maison". Les demoiselles ont l'impression que cet homme les aborde d'un air amusé.

-Une femme blonde en train de dessiner, aperçue seulement par Miss Moberly. Elle est assise sur la pelouse d'une petite maison aux volets fermés. Elle arbore un fichu vert, qui couvre ses épaules, et un grand chapeau de paille blanc. Là encore, cette tenue surprend l'Anglaise. La femme lève un instant la tête. Une fois de plus, cette vision inquiète Miss Moberly. Puis tard, elle sera frappée par la ressemblance de cette femme avec Marie-Antoinette, telle qu'elle est représentée dans un tableau d'Adolf Ulrik Wertmüller, un peintre suédois, où l'on voit la Reine tenir la main de ses enfants, Marie-Thérèse, la future Madame Royale, et Louis-Joseph, dauphin jusqu'à son décès prématuré, le 4 juin 1789.

-Un homme sortant du bâtiment situé après la petite maison aux volets clos. Les deux femmes le prennent pour un domestique. Croyant s'être introduites dans une propriété privée, elles s'excusent auprès de lui. L'homme ne leur répond pas sur ce point, mais les conduit jusqu'au Petit Trianon. Au cours de leurs recherches ultérieures, elles s'aperçoivent que la porte par laquelle est sorti cet homme est condamnée depuis des années (depuis 1892  pour être précis).

-Les invités d'une noce, qui surgissent au moment où les deux demoiselles pénètrent dans la cour du Petit Trianon.

Elles voient aussi des bâtiments, des constructions et des paysages qui les intriguent :

-La maisonnette devant laquelle se tenaient la femme et la fillette en tenues démodées. Ce cottage qui s'élevait, dans le souvenir des visiteuses, près du mur de l'enclos des jardiniers, n'existait plus en 1901. Or cette maison, avec son rideau d'arbres, a été retrouvée par Guy Lambert, historien spécialiste de l'histoire de Paris, sur des plans du Petit Trianon datant de 1774, à l'endroit même où les deux demoiselles disent l'avoir vue. Cette maisonnette aurait été démolie plus tard, en 1776, sur l'ordre de Marie-Antoinette.

-Un pavillon chinois, que les visiteuses prennent pour le temple de l'Amour, un bâtiment en forme de rotonde ajourée, avec des colonnettes, construit en 1777-1778 par l'architecte Richard Mique sur un îlot d'une rivière artificielle aménagée à l'est du jardin anglais du Petit Trianon. En fait, ce kiosque chinois n'a jamais été construit, mais il existait, dans les mêmes plans de 1774 découverts par Guy Lambert, un projet de pavillon exotique, construction trilobée toute pareille à la description faite par les deux Anglaises. Le projet de ce pavillon, qui devait s'élever au centre du bois des Onze-Arpents, dans le parc du Petit Trianon, était dû au botaniste Antoine Richard, auquel Marie-Antoinette avait demandé de dessiner de nouveaux jardins pour le Petit Trianon.

-Une petite maison aux volets fermés, devant laquelle s'étend une vaste pelouse, où a pris place la femme en train de dessiner.

-Un autre bâtiment, situé juste après la petite maison, par où est sorti l'homme pris pour un domestique.

-Un pont, qu'elles franchissent et qui ne semble plus exister à leur époque. Toutefois, ce n'est qu'au cours de leurs recherches ultérieures que ce souvenir leur reviendra.

-Une terrasse, démolie depuis longtemps en 1901, mais existant bien à l'époque de Louis XVI.

-Un grand rocher, qui évoque celui prévu par Antoine Richard dans ses plans de réaménagement des jardins du Petit Trianon, en 1774.

Un objet les frappe aussi :

-Pendant leurs recherches, les deux femmes se souviennent d'avoir vu une charrue, un objet qui n'avait pas sa place dans le Petit Trianon de 1901. Elles ne se rappellerons avoir vu cette charrue qu'au cours des recherches qu'elles feront plus tard.

REACTIONS DES DEUX DEMOISELLES

-Il faut d'abord rappeler que, dans un premier temps, chacune des deux demoiselles garde ses impressions pour elle. Ce n'est qu'après la visite, et surtout au cours d'une conversation, en novembre 1901, qu'elles se confient l'une à l'autre. Elles se rendent compte alors que leurs récits concordent en tous points. Elles décident alors de rédiger leur récit chacune de son côté ; en fait, elles en rédigeront chacune deux, la première fois du 25 au 28 novembre 1901, et la seconde entre décembre 1901 et janvier 1902. Là encore, leurs récits concordent tout à fait.

-Toutes d'eux ont eu l'impression que les lieux étaient "hantés".

-Elles ont aussi éprouvé, l'une et l'autre, un sentiment d'angoisse et d'irréalité. Elles ont noté, à cet égard, que, durant leur visite du Petit Trianon, les oiseaux ne chantaient plus, qu'un étrange silence régnait autour d'elles et qu'elles avaient l'impression d'évoluer dans un état de réalité particulier, comme si elles voyaient une sorte de tableau vivant. D'après leur témoignage, même les couleurs, devenues curieusement ternes, leur paraissaient changées.

-Elles reviennent sur certains détails qui les ont intriguées : la grande cape portée, un jour de grande chaleur, par le jeune homme aux cheveux bouclés par exemple.

-Elles s'interrogent aussi sur le fait que certains détails n'ont été aperçus que par l'une des deux demoiselles : seule Miss Jourdain a vu la femme et l'adolescente devant le cottage et seule Miss Moberly a aperçu l'homme menaçant près du pavillon chinois et la femme dessinant sur la pelouse.

-Miss Moberly apprend, par une Française, que des rumeurs circulent depuis longtemps sur la présence d'un fantôme de Marie-Antoinette dans les jardins de Versailles.

VISITES ULTERIEURES

Visite de janvier 1902, faite par Miss Jourdain seule : 

-Lors de cette visite, l'Anglaise entend des voix de femmes dans le parc du Petit Trianon.

-Elle entend aussi une musique qui la trouble. Elle parvient, plus tard, à la reconstituer en partie et en parle à des spécialistes. Selon eux, ce style musical aurait eu cours dans la France de 1780.

-Elle voit encore deux hommes vêtus de tuniques chargeant des fagots dans une charrette.

Les deux demoiselles ensemble font une dernière visite à Versailles, en 1904.

LE LIVRE

-Les deux demoiselles sont soucieuses de rendre compte de leur expérience.

-Dans ce but, elles s'adressent d'abord à la "Society for psychical research", fondée en 1882. Mais l'institution refuse de rendre compte de l'événement, faute de recherches approfondies.

-Elles décident alors d'écrire un livre, qui ne sera publié qu'à l'issue des minutieuses recherches menées par les deux Anglaises, durant des années, dans les archives sur place, qui leur permettent notamment de consulter les plans des bâtiments et des jardins de Versailles et du Petit Trianon.

-Le livre paraît en 1911 et s'intitule "An adventure". Les Deux Anglaises ont pris des pseudonymes, pour ne pas compromettre leur réputation et leur carrière : Elizabeth Morison pour Miss Moberly et Frances Lamont pour Miss Jourdain. L'ouvrage connaît un succès immédiat : 11 000 exemplaires sont ainsi vendus pour la seule année 1913 et il sera réédité en 1913 et 1924. La véritable identité des auteurs ne sera révélée qu'après la mort des deux femmes.

-De nombreux journaux spécialisés, comme "The journal of the american society for psychical research", "The journal of the parapsychology" ou encore "The journal of the psychical research" de Londres, rendent compte de l'ouvrage.

-En France, le livre paraît, en 1959, sous le titre "Les fantômes du Trianon". La préface est de Jean Cocteau et l'introduction de Robert Amadou, un écrivain spécialisé dans l'ésotérisme et la parapsychologie. Le livre sera réédité notamment en 2000, aux éditions du Rocher.

LES INTERPRETATIONS

LES INTERPRETATIONS PARANORMALES

-Relevons d'abord les interprétations données par les deux demoiselles, qui ont toujours pensé avoir vécu une expérience paranormale. Elles ont d'ailleurs changé d'opinion :

*Elles semblent, dans un premier temps, avoir cru à la présence de fantômes à Trianon. Pour elles, on l'a dit le lieu était hanté.

*Puis elles ont pensé avoir effectué un saut dans le temps. On dirait aujourd'hui qu'elles se sont glissées par mégarde dans une "faille spatio-temporelle".

*Enfin, elles se sont arrêtées à une autre explication : elles pensent avoir pénétré dans des lambeaux de la mémoire de Marie-Antoinette, qui se seraient imprimés dans ces lieux. Elles rappellent en effet que la Reine était très attachée au Petit Trianon et qu'elle y a vécu des instants tragiques. Les Anglaises évoquent en particulier ce 5 octobre 1789, où, pendant que le Roi est à la chasse, la Reine apprend que des femmes venues de Paris se dirigent vers Versailles. On sait que, durant ces journées d'Octobre, la famille royale sera contrainte, sous la pression de la foule, de rentrer à Paris. C'est donc le dernier jour de présence à Versailles pour la famille royale. Et c'est précisément la mémoire de ce 5 octobre 1789 que les demoiselles croient avoir pénétré.

*Les deux Anglaises illustrent ainsi, sans le savoir sans doute, cette théorie de la "mémoire des lieux", certains endroits pouvant conserver la mémoire d'événements du passé, souvent tragiques. Pour certains, il y aurait même une véritable résurgence d'épisodes du passé, qui se reproduiraient à l'identique dans le présent.

*Les deux Anglaises pensent aussi que les nombreux orages ayant éclaté le jour de leur visite, et l'activité électrique qui en aurait résulté, aurait facilité la survenue de leurs visions.

-Des auteurs comme Guy Lambert croient aussi à une explication paranormale, dans la mesure où, en 1901, les deux Anglaises ne pouvaient connaître ni le pavillon chinois, ni la maisonnette cachée par un rideau d'arbres, ni le gros rocher. En effet, l'existence de ces éléments ne fut découverte par Guy Lambert qu'à la fin des années 50, dans des plans d'époque, c'est-à-dire des décennies après la visite de 1901. Rappelons que, pour cet auteur, les deux demoiselles auraient été témoins d'épisodes qui se seraient déroulées, non pas en 1789, mais en 1774.

-Les auteurs croyant à une expérience paranormale rappellent que les deux femmes sont loin d'être des farfelues. Elles appartiennent toutes deux à des familles d'ecclésiastiques et sont des universitaires, qui jouissent d'une excellente réputation dans ces milieux. A noter toutefois que Miss Jourdain croyait à la parapsychologie et que son père aurait eu un don de clairvoyance. Elle-même aurait également eu des visions dans sa jeunesse.

INTERPRETATIONS RATIONNELLES

-Plusieurs journaux, à l'époque et plus tard, font état d'erreurs historiques dans le récit des deux Anglaises.

-Les effets de la chaleur et de la fatigue, consécutive à la visite du château, sont également mises en avant.

-Des auteurs comme W.H. Salter prétendent que certains éléments du récit ont été ajoutés plus tard, au cours des recherches effectuées par les deux demoiselles.

-Les visiteuses auraient tout simplement rencontré des personnes costumées, pour les besoins d'une fête ou du tournage d'un film.

-Dans cet ordre d'idées, Philippe Jullian, biographe et chroniqueur mondain, auteur d'une biographie sur Robert de Montesquiou,  dandy célèbre à son époque et modèle possible du baron de Charlus, l'un des personnages de "La recherche du temps perdu", de Marcel Proust, pense que les deux Anglaises auraient croisé le comte et ses amis, qui avaient l'habitude de se promener dans le parc de Versailles en costumes d'époque. Cependant, pour Robert Amadou, déjà cité, une telle hypothèse ne saurait être retenue, dans la mesure où, à l'époque de la première visite des deux demoiselles, le comte de Montesquiou n'aurait donné aucune fête costumée à Versailles. Pour le même auteur, d'ailleurs, les personnages rencontrés par les deux femmes ne ressembleraient pas aux protagonistes de ces fêtes.

-Autre objection souvent émise par les rationalistes : si les deux Anglaises ont vraiment vu ces personnages du passé, ils ont dû aussi les voir. Ils auraient dû être aussi surpris qu'elles, ce qu'elles ne mentionnent pas. Par ailleurs, une telle rencontre, a priori insolite, aurait dû assez marquer ces gens surgis du passé pour qu'ils en parlent autour d'eux ou le relatent auprès des journaux de l'époque. Or rien de tel ne nous est parvenu. Ce qui ne veut d'ailleurs rien dire en soi, des recherches exhaustives n'ayant pas été menées sur cette question. Par ailleurs, la mode féminine du tout début du XXe siècle n'était pas si différente de celle de la fin du XVIIIe siècle.

-Pour d'autres auteurs, cette expérience serait le fruit d'une reconstruction mentale, influencée par des lectures, la visite, le matin, de la Conciergerie, où avait été emprisonnée Marie-Antoinette, le vif intérêt éprouvé par les deux demoiselles pour le sort tragique de la Reine, et d'une manière générale, par leur imagination fertile. A quoi s'ajouteraient les effets de la chaleur et de la fatigue. N'oublions pas, non plus, à cet égard, que les deux Anglaises, et surtout Miss Jourdain, s'intéressaient au paranormal et qu'elles pensaient, sans doute, qu'une telle expérience était possible. Tout ce conditionnement les aurait donc prédisposées à la vivre sous la forme d'une sorte d'hallucination.

-D'après certains psychiatres, cette expérience relèverait de ce qu'on appelle, en psychiatrie, une "illusion partagée". Les cas en seraient assez rares mais avérés.

-Parmi les auteurs refusant tout aspect paranormal dans cette expérience, on peut relever le nom de Léon Rey. Archiviste et archéologue, membre de la Société de l'histoire de France, il consacre les vingt dernières années de sa vie à l'étude des archives de Versailles. En 1952, il fait paraître un livre sur l'aventure des deux demoiselles. Après deux décennies de travail, il conclut : "(...)Mon opinion d'historien est que les identifications proposées par les deux dames anglaises sont erronées". Mais, quand Léon Rey indique, par exemple, qu'aucun pavillon chinois n'avait été construit dans le parc du Petit Trianon, il ignorait que, quelques années plus tard, Guy Lambert en trouverait la trace dans des plans d'époque.

-Certains avancent, bien sûr, la thèse d'une supercherie ou d'un canular. Ainsi, les deux Anglaises auraient pu, avant même leur visite, acquérir toutes les connaissances sur le Petit Trianon, et les utiliser dans la rédaction d'un récit fantaisiste, censé relater une expérience qu'elles n'auraient jamais vécue.  Mais on peut rappeler, à cet égard, que les principes rigoristes, imprégnés de morale puritaine, dans lesquels les deux demoiselles ont été élevées se concilient mal avec une telle tromperie. Auraient-elles pu, sans scrupules de conscience, mentir ainsi jusqu'à leur mort, sans jamais révéler la vérité ?

AUTRES EXPERIENCES SIMILAIRES

Après la publication de "An adventure", en 1911, d'autres personnes affirment avoir vécu, à Versailles, des expériences comparables :

-Des personnes du nom de Crooke, en visite à Versailles entre 1907 et 1909, auraient aperçu la jeune femme dessinant sur la pelouse et une autre personne en costume d'époque.

-En 1928, deux Anglaises auraient fait de semblables rencontres.

-En 1935, un nommé Robert Philippe, Français, aurait parlé quelques instants, avec une femme que ses parents, qui l'accompagnaient, n'ont pas vue. Elle aurait disparu au bout de quelques instants.

-Le 21 mai 1955, un avoué et sa femme, tous deux Anglais, auraient croisé, à Trianon, deux hommes et une femme portant des vêtements du XVIIIe siècle.